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Interview Freelance : Benjamin Gibeaux, « J’ai été payé pour un projet qui me tenait à coeur »

interview freelance benjamin gibeaux

Benjamin Gibeaux est un freelance qui a fait appel au crowdfunding pour faire avancer un projet perso. Le crowdfunding ? C’est solliciter les personnes qui aiment votre travail pour financer votre projet. Il revient sur son expérience, qui peut certainement en inspirer plus d’un 😉

 

Qui es-tu, que fais-tu et depuis combien de temps es-tu freelance ? 

Je suis Benjamin Gibeaux, j’ai 31 ans et je vis en région parisienne. Je suis freelance depuis 2005, je travaille à domicile. J’ai deux activités principales : la réalisation de films d’animation et la conception d’applications multimédia.

Outre mes courts métrages, qui représentent la partie la plus personnelle de mon travail, les films que je réalise sont généralement des films institutionnels, éducatifs ou promotionnels. Mais il m’arrive de travailler sur des projets plus étonnants : création de clips pour des musiciens, animation de dessins d’enfants ou réalisation d’un film projeté pendant une pièce de théâtre.

Pour ce qui est du multimédia, je réalise principalement des jeux ludo-éducatifs. Là aussi l’animation est très présente : j’essaye toujours de raconter une histoire, de fabriquer un univers vivant autour des thèmes abordés.

Cette diversité dans mes travaux n’existerait pas sans le statut d’indépendant : il me permet de répondre à des demandes très différentes, ce qui me donne parfois l’impression d’avoir plusieurs vies professionnelles en même temps !

Tu as fait appel à Ulule pour le financement d’un de tes projets. Peux-tu nous en parler, notamment les raisons qui t’y ont poussé ?

Je prépare en effet depuis plusieurs années un film d’animation, un film très personnel qui demande du temps et de l’engagement. Or, j’ai beaucoup de mal à me dégager du temps en tant que freelance. J’ai toujours tendance à faire passer les commandes en priorité, à privilégier les projets payés de peur de passer à côté d’une opportunité. Mais à long terme c’est un fonctionnement usant, assez dévalorisant.

Et comme je n’ai pas encore trouvé le remède à cette « maladie de la rentabilité », j’ai trouvé que le système du crowdfunding était un bon moyen de joindre l’utile à l’agréable : se faire payer pour concrétiser un projet qui me tient à cœur, que demander de plus ? Bien sûr, le montant collecté ne couvre pas le temps passé sur mon film (j’y travaille depuis 3 ans), mais c’est une somme intéressante qui m’aura permis de donner un sérieux coup d’accélérateur au projet.

C’était donc déjà un coup de pouce financier. Tu m’as aussi parlé d’un autre soutien, plus moral celui-là…

En faisant appel à Ulule, c’est effectivement le désir de me sentir soutenu dans mon projet qui m’a réellement motivé, sans doute plus que l’aspect financier. En tant que freelance, assez autonome et polyvalent, j’aime bien sûr travailler avec d’autres gens mais j’aime aussi quand mon indépendance est une indépendance complète.

Sur ce projet en particulier, très intime, très personnel, je ne pouvais pas envisager de faire intervenir quelqu’un d’autre. Alors depuis 3 ans je navigue en solitaire, une méthode propice à une vraie créativité mais aussi très difficile à gérer sur le plan de la confiance et de la motivation. En ouvrant ce projet à une participation financière sur Ulule j’ai trouvé un souffle dans mes voiles tout en restant maître de mon bateau.

Je me suis senti porté par beaucoup de gens qui se sont reconnus dans ce film, m’apportant par leur participation financière un gage de confiance désintéressé. Il n’y a pas mieux pour se remotiver ! Enfin, j’ajouterai que le fait de se faire payer donne le sentiment d’être redevable de quelque chose : je sens désormais l’attente des donateurs, c’est une façon de m’obliger à ne plus traîner.

Selon toi, quels sont les conseils que tu pourrais donner à d’autres freelances qui souhaiteraient faire financer leur projet via une plate-forme de crowdsfunding ?

Je leur conseillerai avant tout de bien mûrir leur idée. Je pense que l’appel aux dons doit intervenir après une vraie réflexion sur le projet, voire même une planification complète. Par exemple pour un film : il est préférable de ne pas lancer le financement au début du projet.

Si le scénario est déjà écrit, qu’il y a des pistes graphiques, un parti pris de réalisation, c’est non seulement un atout pour convaincre les éventuels donateurs mais aussi un bon moyen de savoir dans quelle direction on va. Le crowdfunding doit à mon avis servir à donner le coup de turbo pour le sprint final. Je pense de toute façon que l’équipe d’Ulule veille à n’approuver que les projets ayant déjà un certain relief.

Et maintenant, ton projet, il en est où, et quand pourra-t-on le découvrir ?

J’ai beaucoup avancé grâce aux dons, mais ce n’est pas encore fini ! Après tout ce temps à tergiverser sur mon scénario, à revenir sur mes choix graphiques, à faire un pas en avant pour deux en arrière, le passage par Ulule m’a définitivement poussé dans le bon sens. J’ai réalisé tous les décors du film et finalisé la musique.

Je travaille actuellement sur mes personnages et sur l’animation, c’est la dernière ligne droite. Néanmoins je ne souhaite pas confondre vitesse et précipitation. Le temps est un allié : mon film a beaucoup évolué ces dernières années (dans le bon sens j’espère), et je ne veux pas bâcler les dernières étapes. Je compte sur la compréhension de mes donateurs s’ils doivent attendre encore quelques mois avant de voir le résultat !

***
Pour découvrir Benjamin et son travail :

La page Ulule consacrée au film : http://fr.ulule.com/petites-choses/

Son site : http://www.benjamingibeaux.fr

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